L'engrais des alpages

  Je suis sûr que ça vous est arrivé, à vous aussi, durant une balade ou lors d'un grand jeu sur les hauteurs de Baratier, quand on crapahutait sur les terres des paysans du coin.

  Pour moi, c'était surtout aux alentours des Touisses et de Charamailles, lorsque je faisais partie des Castors.

 

 Mais de quoi donc parle-t-on?

 

  Je veux parler de cette espèce de chose qu'on trouve sur le sol, dans les prés, là où l'herbe est grasse, et qui ressemble à une omelette aux épinards ayant formée une croûte de surface traîtresse sur laquelle pouvait se poser par inadvertance notre pied gauche ou notre pied droit, le résultat étant le même puisqu'une bouse de vache ne fait pas la différence entre la gauche et la droite (raison pour laquelle d'ailleurs une vache ne saurait voter!).

  On faisait pourtant attention dans ces zones à risque, mais certains endroits étaient littéralement minés et sans poêle à frire (version bouse) on ne pouvait pas toutes les voir.

    Ça nous aurait pris un œil d'aigle et nous n'avions qu'un œil de castor! Il ne restait plus qu'à nettoyer nos chaussures si le pire nous arrivait.

  Ce qui était fascinant dans ces galettes, ce n'est pas leur forme bien arrondie en cercles concentriques soudés, résultat d'une chute qui aurait passionné Newton, suivie d'une plus ou moins rapide dessiccation. Non, c'est surtout ce qui se cache sous la croûte: des insectes mangeurs de merde, des bousiers à belle carapace noire, et actifs dans la partie encore molle de la galette!

 Les plus belles bouses avaient une plus nombreuse population de ces Géotrupidés et autres Scarabéidés.

  De vulgaires coléoptères quoi! Mais besogneux! On n'a pas idée si on ne les a pas vu à l'œuvre, comme j'ai pu le constater une fois lors d'une journée moins occupée que les autres.

  On se baladait autour du camp, un peu désœuvrés, lorsqu'on était tombé sur une superbe bouse. Au moins 30 cm de diamètre. Une belle déjection!

  On a délicatement soulevé la croûte avec un bâton. Exposées à la lumière, il fallait voir ces petites bestioles aller de tous côtés et patauger dans cette garniture vol-au-ventesque!

  Et l'odeur? Pas agressive mais insidieuse et tenace. Pas étonnant qu'on montre les bovins du doigt pour le réchauffement climatique, parce que du méthane je ne sais pas s'il y en

a dans les bouses, mais ce qui est certain c'est qu'il y a du gaz.

  A la sortie comme à l'atterrissage...

 

   Voilà. Ce ne sont pas de mauvais souvenirs, mais des souvenirs qui font partie de la vie à Baratier, comme tous ceux qui ont passé quelque temps dans ces pays montagneux.

  Et puis les vaches, c'est quand même assez sympathique...

Il y en a d'ailleurs une qui rit depuis longtemps!!

 

 

 

 Écrit en dégustant un petit verre de Baileys de la bouteille

de mon fils, pendant qu'il fait -17º dehors, le 17 décembre

2013.

 

 

 

 

 

 



18/12/2013
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