Les ablutions

  Un bien grand mot pour désigner la toilette rapide des colons (et des moniteurs), qui se faisait, pour les plus grands, matin et soir au torrent des Vachères. Une eau plutôt fraîche, mais qui n'empêchait pas les colons de s'y tremper en maillot de bain ou en slip.

  L'activité favorite des colons était d'ailleurs de confectionner un barrage afin d'avoir un bassin où la baignade pouvait se faire sans être obligé de se battre contre le courant.

  L'abondance des roches réglait le problème des matériaux.

 

 

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                  Le torrent des Vachères et son large lit, pris en

                   1968 au mois d'avril. Il me semble voir sur la

                            droite un restant de barrage.

 

  Le seul problème avec ces roches était leur poids, même si on s'arrangeait pour les transporter le plus possible sous l'eau. A 9 ou 10 ans, on avait déjà découvert le principe et la loi d'Archimède, sans les détails mathématiques. Et je me souviens que, lors de la construction d'un de ces barrages, j'avais senti un craquement dans les vertèbres du coccyx en soulevant une de ces roches, qui était destinée à la fermeture du barrage.

Il en fallait d'assez grosses à cause du fort courant concentré engendré par la faible ouverture restante. Les pierres trop légères foutaient le camp par la brèche...

 

 

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                       Le torrent des Vachères en hiver. Bulle prend

                       le soleil pendant que Daniel contemple l'eau.

 

 

 

  Cependant, même si nous étions en plein été, la fraîcheur de l'eau en rebutait plusieurs et le lavage se faisait à très grande vitesse. Pour certains plus frileux, disons qu'il était au neutre. Il y avait donc toujours un moniteur qui se postait sur la digue, attendant que les enfants aient terminé et retournent à leur tente, pour vérifier qu'ils se soient lavés correctement. Avec les oreilles, on "gagnait" une fois sur deux. Et comme colon, je perdais une fois sur deux!

 

 

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                         Le passage obligé et le lieu de tous les

                         dangers pour ceux qui avaient "fini" de

                         se laver.

 

 

  Si le savon était présent dans le trousseau des colons, en revanche je n'ai pas souvenir d'avoir vu beaucoup de brosses à dents, ou alors elles restaient dans les valises. Pour être honnête, je n'étais pas vraiment un fanatique du lavage lors de mes séjours à la colo. Je me contentais du minimum mais ça s'améliorait de retour à la maison et au collège...

 

   Pour les plus petits qui couchaient dans les dortoirs du bâtiment, il y avait les lavabos situés à l'extérieur et jouxtant les salles où était lavé le linge des colons. Ces lavabos ont

finis par être "intériorisés", probablement par le père Jacques.

 

 

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                        Un gant, une serviette, et hop! terminé!

 

                                                                                                                                                              

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     Michel en laveur de tête sous l'oeil attentif de M. Marini.

 

 

  Michel Richardet n'était pas seulement un laveur de tête. C'était aussi le barbier quasi-officiel de la colo. Attention! Connaissant l'habileté légendaire de Michel, le coupe-chou n'était pas recommandé et il a, semble-t-il, utilisé avec succès le bon rasoir à lame Gilette pour faire la barbe de quelques moniteurs.

 

 

 

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Ici avec Bulle...                                      ...et là avec Georgio.

 

 

  On pouvait également considérer que la baignade dans les lacs rencontrés lors des grandes balades faisait partie du lavage. Quoique les candidats à la baignade fussent assez rares, il n'en restait pas moins que ceux qui plongeaient dans une eau à moins de dix degrés en ressortaient ragaillardis et les pieds plus propres après une longue marche.

 

 

 

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                                  Était-ce le lac Sainte Marguerite?

 

 

 



23/11/2013
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