Nos copines de Baratier

   Je me suis posé la question plusieurs fois: est-ce que je dois ou non parler des excellentes relations que trois d'entre nous ont eu avec des jeunes filles qui venaient chaque été passer leurs vacances dans les résidences secondaires de leurs parents?

   Après tout, ces petites aventures ont fait partie intégrante de nos séjours et de nos frasques à la colo, et il est bien difficile de ne pas les y associer.

 

  D'un autre côté, je me suis dis que, dans mon cas, il faudrait que je parle de choses un peu plus personnelles étant donné la tournure que ça a pris.

 

  Considérant le fait que nous étions jeunes et que, plus tard, j'en ai parlé à ma femme (sans entrer dans les détails), je me suis décidé à mettre une partie de ces souvenirs par écrit.

Et pourquoi pas quelques photos?

 


 

 Finalement je suis toujours indécis, faudrait que j'en touche un mot à Bulle...

  Un certain nombre de mois plus tard, nous en avons parlé un peu par courriel et on devait en reparler lors de notre rencontre au Thor. Je n'y ai en fait pas pensé, mais comme il m'avait mentionné qu'il n'avait, à priori, pas d'objection majeure, je vais de l'avant.

 


 

  Tout a débuté à l'été 63, quand Bulle et Daniel, lors d'une journée de congé, ont rencontré des estivantes dont les parents possédaient une maison dans le quartier de La Clapière au bout de l'ancienne route de Baratier en allant vers Embrun. Comme elles étaient trois, ils m'ont proposé de me joindre à eux pour les rencontrer un soir.

 

 

Maisons copines en 2002.jpg

       Les maisons de nos copines en 2002, au bout de ce qu'on

      appelle maintenant "l'ancienne route de Baratier". Tout

                   ceci n'existe malheureusement plus...

 

 

 

  Bulle était avec Babette, Daniel avec Jacqueline et moi avec Evelyne. Ces deux dernières étant en fait cousines.

  Les premières rencontres se passant à la belle étoile, je  distinguais vaguement les visages et les silhouettes, et ce que je voyais ne me déplaisait pas.

 

  Je fus agréablement surpris quant à ma "conquête", de la voir lors de leur passage sur le chemin longeant le deuxième pré, où elles passaient pour aller acheter du pain à la boulangerie du village.

 

  Nos escapades se sont poursuivies l'été suivant avec plus de régularité et des soirées plus longues. Les filles avaient pris les choses en main et, dorénavant, ce fut dans la maison de Jacqueline qu'on se retrouvait, les parents n'étant pas là bien évidemment, lors de ces soirées.

 

  Et quoi de mieux que des slows pour le rapprochement des corps?

 

  L'année 1964 restera pour nous celle d'Adamo (Tombe la neige) et d'Alain Barrière (Ma vie). Ce dernier morceau était le plus souvent sur le tourne-disque, une chanson qui durait

au moins 4 minutes! On avait le temps de rouler des pallots et de faire aller nos mains!!

 

  Un soir que nous nous rendions à notre rendez-vous (faut que j'ouvre ici une parenthèse pour dire comment ça se passait: la nuit tombée, les enfants couchés et quasi endormis, on quittait subrepticement la colo et on prenait la route jusqu'à La Clapière. Cependant, nos sorties n'étant pas tout à fait autorisées, il fallait se méfier des véhicules, même s'ils étaient assez rares. Des fois que le conducteur fut Robert ou quelqu'un pouvant nous identifier à la lueur des phares. Ne prenant pas de risques, si on voyait venir une voiture, on se cachait derrière un arbre ou on se jetait dans le fossé et on attendait qu'elle soit passée. Fin de la parenthèse).

 

avril 1968. Route de Baratier..jpg

 

                                          La route de tous les dangers !

 

 

  Je disais donc, un soir que nous nous rendions à notre rendez-vous, cette même année 64, j'avais emprunté à Jean-Claude Michel un pantalon en velours côtelé de couleur moutarde, couleur très à la mode à cette époque.

  Et il advint que, sur la route qui nous menait vers des moments de félicité, nous vîmes les phares d'une voiture venant de Baratier. Aussi sec, on plonge dans le fossé. J'ai atterri sur je ne sais quoi, mais ça devait être un morceau de fil de fer barbelé! En plein sur la cuisse! Et l'accroc dans le pantalon de Jean-Claude!!! Quand je l'ai avisé le lendemain,

il n'était pas vraiment content et, finalement, j'ai obtenu illégalement un pantalon...

 

  Un autre soir, Daniel m'ayant fait part que Jacqueline l'inspirait moins, me proposa de faire un échange avec Evelyne. Ce qui fut dit fut fait. Aucune ne protesta, mais cela ne dura pas longtemps. Le soir suivant, à la faveur de "Ma vie" (Quatre longues minutes de danse lascive!), je récupérai Evelyne qui m'avait manqué. On était fait pour s'entendre. C'était réciproque et ça a duré jusqu'en 1968!

 

 Nos liens furent resserrés en 1964, au début de l'année scolaire en septembre, lorsque j'appris qu'Évelyne, qui était en Philo au collège de Grasse, avait comme proviseur notre célèbre Monsieur Schiff, ex-boss de notre non moins célèbre collège de Valréas. Les Schiff avaient quitté Valréas en juin 1964 et j'avais poussé un grand soupir de soulagement de ne plus avoir sur le dos Mme Schiff ( la bossesse à qui je souhaitais depuis des années de crever le plus rapidement possible, souhait jamais exaucé, hélas).

 

 Bulle et Daniel partis, mes sorties continuèrent, mais elles n'avaient plus la même saveur, celle qu'on ressent quand on fait le mur à plusieurs...

 

 En dehors de Baratier, je passais régulièrement les vacances de Pâques (et quelquefois de Noël) à la maison de la famille Arnaud à Bar-sur-Loup, d'où on partait pour Baratier dans la Simca Versailles du beau-père, qui se transforma un peu plus tard en DS-21. J'étais choyé.

 

 

Août 1966-10 - Copie.JPGAoût 1966-12 - Copie.JPG

           Août 1966. Photos prises par Babette.               

 


 

  Les choses étaient telles que j'eus même une proposition de me faire embaucher à l'usine de parfumerie de Grasse avec une idée très précise du salaire. Le père Arnaud semblait avoir le bras long! Je n'avais dit ni oui ni non, mais je savais que si j'acceptai, c'était aussi dire oui au mariage dont Evelyne me reparlait à chacune de nos rencontres. Pour moi, il n'en était bien sûr pas question, je n'avais pas les capacités pour me lancer dans ce genre d'aventure!

 

 Entre temps, en 66 ou 67, Evelyne m'avait annoncé le décès de Babette qui souffrait d'une malformation du coeur. Une fille toujours enjouée qui ne s'est jamais plainte. Nous lui avions rendu visite cet été-là au cimetière de Baratier où elle a été enterrée.

 

 Et puis les choses ont changé et chacun est allé de son côté.

 

 Si vous pensez à me le demander lors de nos rencontres, je vous dirai verbalement comment j'ai revu Evelyne en 1974 à Baratier, avec la complicité de Michel Richardet et de son épouse, Marie-Georges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



06/08/2014
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