Yves le Loup raconte

  Gérard Trouchet-Leydier, alias Yves le Loup, a connu la colo de Baratier à ses tout débuts, en 1953 et 1954. Je vous livre ici ses impressions, ses souvenirs sur cette période de sa vie. Comme beaucoup d'entre nous, les années d'adolescence laissent leurs marques, bonnes et quelquefois moins bonnes, mais assurément inoubliables. J'ai simplement repris ses commentaires et quelques mots qu'il m'a envoyés.

 

  Baratier est resté gravé pour toujours en ma mémoire car j'y ai vécu des moments inoubliables, j'y ai connu des personnes dévouées, faisant preuve d'un charisme exemplaire. Tout a commencé en 1952 ou 1953. J'inaugurai en quelque sorte Baratier car les années précédentes le camp de vacances avait lieu au Malzieux dans la Lozère.
  Notez que je parle de camp et non pas de colo car à l'époque nous étions tous des Cœurs Vaillants. Je suis Avignonnais et ma paroisse était la paroisse Saint Symphorien des Carmes. C'est entre autres le père Jacques de la Celle qui nous encadrait lors du patronage avec d'autres...Le père Jacques avait une moto et il venait souvent dans l'atelier de mon père (rue Carreterie) pour l'entretenir. Il venait à Baratier avec.
  Le premier séjour à Baratier fut assez spartiate, nous couchions dans le bâtiment dont le dortoir entièrement refait sentait bon le pin, nous allions faire notre toilette matinale au bord du torrent des vachères l'eau était froide mais ça nous réveillait, nous aidions à débroussailler , bref nous mettions du cœur à l'ouvrage . Nous faisions des longues ballades et des jeux ( jeu du foulard) entre les différentes équipes. Le soir à la veillée ( feu de camp oblige) nous écoutions avec ferveur le Père Fernand nous raconter " Premier de cordée " de Frison-Roche.
 Puis Chef Gaston ( Gaston le Couppey) nous racontait un épisode d'histoires ( qu'il écrivait lui même ) "Dans les griffes de l'homme en noir" ou autres..
 Chaque semaine avait lieu une grande sortie . Je me souviens du Mont Guillaume, du refuge du Glacier Blanc, du grand Morgon avec la visite de l’abbaye du Boscodon.
 Le soir pas besoin de nous bercer.
 Le Dimanche le lever des couleurs puis la messe dans la petite église où le brancard de secours aux blessés replié derrière la porte m'intriguait beaucoup. Puis le défilé dans le village au pas cadencé en chantant "La pluie tombe à torrent" et les choux à la crème de Chef Gaston..
 La journée des parents.était forcement attendue par tous. Chacun retrouvait un parent et quelques friandises que l'on se partageait le soir dans le dortoir.

 

 

Baratier 1953- M. et Mme Trouchet-Leydier Gérard à gauche Antoine à droite.jpgBaratier 1953- Mme Ballet à doite et son fils en visite à Baratier. Gérard debout Antoine devant lui..jpg

  C'est la journée des parents en 1953:

  On reconnait bien le haut du deuxième pré, avec les maisons qu'on avait sous les yeux tous les jours. La photo à gauche : M. et Mme Trouchet-Leydier, Mme Ballet et son fils en visite à Baratier. Debout en chemise blanche, Gérard et devant, son frère Antoine. Photo de droite, la famille Trouchet-Leydier.

 

Baratier 1953-M. et Mme Ballet Mme Trouchet-Leydier. Le fils Ballet Gérard et Antoine.jpg

 

  Journée des parents en 1953, M. et Mme Ballet, Mme Trouchet-Leydier. Les enfants devant: Jean-Pierre Ballet, Antoine et Gérard Trouchet-Leydier.

 


 Ma deuxième année 1953 ? [ Je pense que c'est plutôt 1954].  Nous couchions sous des tentes militaires marabout, les bords relevés ; l'odeur des foins coupés et des épicéas tout proches était quelque chose de nouveau pour moi garçon de la ville. Cette année-là, je n'ai pas pu participer à la sortie de Notre-Dame du Laus . Une angine me tenait coincé dans mon lit, sous la surveillance de l'improvisé infirmier ( Michel BOUT ).

 

Baratier 1954 Journée des parents Gérard à droite avec sa maman et son frère Antoine.jpg

 

Journée des parents 1954. Gérard à droite, Antoine à gauche, avec leur maman.

 



 Un souvenir me revient encore , lors d'une sortie programmée jusqu'au camp de vacances situé plus haut que Baratier un orage nous surprit. Nous arrivâmes au camp bien mouillés mais réchauffés par un bon vin chaud.
 Plus tard je suis revenu à Baratier. La colo est toujours là, je suis rentré dans l'église qui m'a paru plus petite. Le brancard y était toujours ....Beaucoup de choses ont changé. La création de la station des Orres a été certainement un facteur de changement important pour le pays.
 J'ai traversé le village à pied... il m'a semblé entendre un groupe de Cœurs Vaillants, béret avec insigne sur la tête , chemisette blanche, foulard autour du cou, pantalons courts de drap noir avec ceinturon et sifflet, sacs au dos, souliers cloutés, marchant au pas en chantant à tue-tête "Elle descend de la montagne à cheval"...

 J'ai fréquenté  longtemps la paroisse des Carmes où j'ai fait ma communion et où, tous les jeudis, j'allais au patronage. C'est là que j'ai bien connu le Père Jacques  mais aussi le père Gérard  et le père Fernand ( les nordistes qui venaient souvent à Avignon).

 Je ne suis allé à Baratier que 2 ans de suite. Je crois que j'étais "écureuil" ( pas sûr). [ Comme Gérard est né en 41, en 1953 aux Écureuils et en 1954 il était probablement aux Hirondelles. S'en souvient-il?]

 Je ne connais pas les raisons qui ont fait que je n'y suis plus allé par la suite. Peut-être parce que les parents nous avaient inscrits à la colo d'Avignon à  BOULOURIS à la mer, où je suis allé aussi, ou bien à cause du fait que je commençais à faire du vélo ( licencié FFC à l'UCA).



04/12/2017
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